Botizok / Night Call (2014)

Nightcrawler (2014)

Film de Dan Gilroy

Synopsis :

Un jeune homme découvre par hasard le monde confidentiel du journalisme de faits divers freelance à Los Angeles.

 

L’avis de Botizok :

Night Call s’ouvre sur une fausse piste : le diaporama photographié au millimètre métropole urbaine cadrée, aux éclairages artificiels éclairant une nuit sombre, invite à un certain déambulement poétique. Mais, depuis Taxi Driver, on est prévenu, on sait se méfier de ces rues idyllique.

Le sujet même du film a déjà été vu et revu : une course à l’audimat généré à la force d’images de plus en plus trash, contraignant à une chasse au scoop d’une meute de reporters dont le terrain de jeu est le bitume de la ville, avide de catastrophe. Cette dénonciation est organisée d’une main sûre d’elle, et l’on peut anticiper sans difficulté aucune les échelons que gravit notre protagoniste, s’enfonçant de plus en plus profondément dans l’immoralité, qui ne se contente plus de filmer, mais met en scènes, jusqu’à la provocation de carnages dans sa recherche de l’image parfaite. Gilroy s’en sort avec brio dans la réalisation, et s’il suit les traces de Nicolas Winding Refn et Drive dans certains de ses plans, mais sans avoir à rougir de la comparaison.

Par contre, comme il arrive souvent avec ce genre de sujet, le scénario a du mal à ne pas s’enliser, il souffre de quelques répétitions et est emprisonné dans un cadran qui force l’accumulation d’événements de plus en plus gros, ainsi qu’une fois vers un climax assez improbable.

Mais, le véritable intérêt de Night Call repose ailleurs, et finalement bien plus modeste, dont on aurait pu apprécier que le contraste soit mis plus en avant. Car tout le film repose sur le personnage que joue Jake Gyllenhaal, dérangeant et dérangé, d’une intelligente glaciale. Proche de l’autisme, ayant tout appris sur internet, il porte sur le monde un regard particulier, décalé, pragmatique et sociopathe. Incarnation même des manuels de capitaliste, toujours le sourire aux lèvres, récitant par cœur des théories sur lesquelles repose le monde dans lequel il veut se faire une place, il en devient l’incarnation parfaite, tel un archétype de la réussite sociale, exploitant la li de l’humanité afin d’en atteindre le sommet. Ce personnage est une véritable aubaine pour Gyllenhaal, toujours brillant et habité quand un rôle à sa mesure s’offre à lui.

Note : 4/5 Botizok

 

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2 réponses à “Botizok / Night Call (2014)

  1. Belle approche : Gyllenhaal en « serial filmeur » compulsif et amoral, c’est effectivement l’angle le plus aiguisé de ce film de Gilroy. Sa présence gargantuesque à l’écran va jusqu’à étouffer totalement les personnages secondaires. L’image rutilante aurait peut-être gagné à être domptée par un maître à filmer d’une autre envergure, mais le résultat final reste sans aucun doute assez convaincant.

    Aimé par 1 personne

  2. Effectivement, nos critiques sont assez similaires. Gyllenhaal reste le grand oublié des oscars.

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