Botizok / Birdman (2015)

Birdman (2015)

Film de Alejandro González Inárritu

Synopsis :

Riggan Thomson, acteur autrefois célèbre pour avoir joué un super-héros, tente de retrouver sa célébrité en montant une pièce à Broadway.

 

L’avis de Botizok :

Avec son nouveau film, Inàrritu parcours avec une vision corrosive le désamour entre un Hollywood grandiloquent et le Broadway dédaigneux. Avec le personnage de Riggan il met en scène son impossible transfuge entre deux univers complétement différents. De vieille gloire de films de super-héros à producteur, metteur en scène et acteur sur les planches. L’histoire elle est narrée aux travers de longs plans séquences tape-à-l’œil et gourmands.

Mais Birdman ne saurait se limiter à ses quelques traits formels. S’en dégage une réflexion sur l’accomplissement personnel, celle-ci tenant entièrement dans un milieu geignard où les crises d’égo et les outrances pullulent.

Par sa galerie de protagonistes foisonnants, notamment les prestations d’Emma Stone, Zach Galifianakis ou Naomi Watts, ce film s’abandonne à une forme de surenchère comme on a déjà pu le voir dans le film de David Cronenberg, Maps to the Stars. L’intrigue dense à tout de même son revers. A la moitié du film, Birdman perd de ce qui faisait son charme, radote au point de frôler l’écœurement. Et ce n’est pas le final, qui met à jour un pan de la personnalité du personnage principal qui aurait méritée de rester suggérée, qui peut arriver à rattraper l’ensemble.

Et donc, ce qu’on retient c’est surtout la première grosse demi-heure, enthousiaste tant sur la forme que sur le fond, les superlatifs viennent à manquer pour la décrire ! Mais, passé ce point, le reste du film nous fait attendre le générique de fin avec un certain soulagement. Au-delà des prouesses techniques s’incrustent de sacré moments de flottement, des partis pris hallucinés discutables, et pas mal de fariboles. Tout ne peut pas être parfait.

Note : 3/5 Botizok

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Botizok / Only Lovers Left Alive (2014)

Only Lovers Left Alive (2014)

Film de Jim Jarmusch

Synopsis :

Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, retrouve Eve, son amante. Tous 2 sont des vampires.

 

L’avis de Botizok :

Only Lovers Left Alive est un film qui peut sembler antipathique, à première vue. Jim Jarmusch profite de ce film pour parler de ses idoles d’antan, et en profites pour habiller le tout de ralentis et d’une bande son sombre, un label hipster pourrait être collé à ce film.

Mais, avec tous ces éléments pris en compte, Only Lovers Left Alive est un film intelligent et intrigant sur la fin de la mode des vampires, le souffle Twilight s’éteignant peu à peu. Ce film n’est pas ici à prendre au premier degré, et même quand ça se veut critique de la société, c’est vraiment maladroit que l’on ne peut le prendre au sérieux.

Par contre, ce qui est vraiment original, ce film, comme son nom le laisse imaginer, est un film qui se passe entièrement de nuit, et donc habillé d’une atmosphère qui va de pair. Et c’est ici l’intérêt de ce film, l’ambiance qui s’en dégage. Tous les lieux choisi ont été savamment pioché afin de pouvoir en tiré toute l’essence. La bande son, qu’on pourrait qualifier de néo-crépusculaire est vraiment magnifique. Il est aussi très agréable de voir un film autant habité par la musique.

Les acteurs eux, sont parfait pour jouer le rôle de vampires plusieurs fois centenaires, spectateurs du temps qui passe. Ce film est une vrai surprise, tout en subtilité, à voir dans des conditions adéquate, très tard dans la nuit de préférence, celui-ci méritant d’être vu dans le noir le plus complet.

Ce film contient tout le savoir-faire visuel de son auteur ainsi que sa sensibilité de filmer les corps. On se laisserait presque convertir à ce teint aspirine sans sourciller, preuve qu’une certaine réussite est bien présente.

Note : 4/5 Botizok

Botizok / Whiplash (2014)

Whiplash (2014)

Film de Damien Chazelle

Synopsis :

Andrew, jeune musicien de 19 ans, va avec l’aide d’un de ses professeurs tenter de réaliser son rêve : devenir un des meilleurs batteur de sa génération.

 

L’avis de Botizok :

Whiplash est un très bon film. Il est probablement l’un des meilleurs de l’année 2014. Ici nous avons une excellente histoire faisant la liaison entre le cinéma et la musique Jazz. Celle-ci ne se résume point à sa bande son, mais se situe au centre du récit. On ne peut que s’incliner devant le professionnalisme des différents acteurs et musiciens. Le personnage principal est magnifiquement interprété par Miles Teller. Son rapport avec la batterie évoluera drastiquement lorsqu’il est repéré par le chef d’orchestre du tout meilleur groupe du conservatoire.

Terence Fletcher, interprété par un très charismatique et présent J.K. Simmons est intraitable et détestable. Il fait passer un sale quart d’heure à ses élèves et les interpellent tel le sergent Hartman de Full Metal Jacket. Son but est de malmener les élèves afin de les pousser à bout afin qu’ils puissent se dépasser. Pour lui, c’est le seul moyen d’égalé les plus grands musiciens.

Whiplash est nominé dans cinq catégories aux Oscars, et est bien parti pour remporter l’Oscar du meilleur film.

Ce n’est pas la partition Whiplash qui marque les esprits, mais l’intraitable Caravan. Toute la fin du film, Andrew est possédé lorsqu’il interprète ce morceau. Cette scène est vraiment à part. Sans oublier le solo où tout s’emballe et qui conclue le film de la meilleure des manières.

Il est clair que vous vous devez de voir ce bijou tant qu’il est encore en salle !

Note : 4.5/5 Botizok

Botizok / Frank (2015)

Frank (2015)

Film de Lenny Abrahamson

Synopsis :

Jon est un jeune musicien qui rêve de devenir une rock star. Il rencontre un groupe de pop avant-gardiste et devient le protégé de l’énigmatique leader du groupe.

 

L’avis de Botizok :

Une grosse tête, on pourrait se croire dans un dessin-animé tout droit sorti de Cartoon Network, comme Adventure Time par exemple.

L’affiche, la bande annonce, le casting, le tout s’annonce frais et cool. Tout à l’air cool dans ce film, mais malheureusement, juste l’air. Parce que le souci principal de Frank est l’absence d’une quelconque surprise.

Pour se vendre, le film nous annonce que Frank c’est Michael Fassbender. Hors, la grosse interrogation du film est censé être l’identité dudit Frank, qui est Frank ? Il n’enlève jamais sa fausse tête en papier mâché, du coup le personnage principal se demande tout au long du film qui il est. Car oui, le personnage principal du film n’est pas Frank, c’est un autre type, un illustre inconnu, un roux un peu pouilleux.

Pourquoi le film s’annonce-t-il donc ainsi pour ce qu’il n’est pas ?

Parce que celui-ci est vendu comme une comédie novatrice et délirante, et que ce n’est pas du tout de quoi il en retourne. Bien sûr cela peut sembler incongru quand on regarde la bande annonce pour la première fois, mais ce film n’a rien d’une comédie. Il est triste, rempli de personnages complexes et névrosés. On peut esquisser un sourire de temps à autres, mais bien rarement.

La bande annonce fait aussi croire qu’il se passe plein de trucs, mais, encore une fois, ce n’est pas le cas, le film à pas mal de longueurs, avec des passages très contemplatif.  On pourrait aussi croire que le film est centré sur la musique, mais ce n’est pas le cas encore une fois.

On ne peut pas enlever que le casting lui reste cool, mais dans une certaine mesure. Et le fait de ne jamais voir Michael Fassbender ne permet pas d’apprécier sa prestation à sa juste valeur. Par contre, bon point, pour une fois un français est vraiment joué par un français, avec l’accent et les expressions qui vont avec.

Résultat, Frank n’est pas ce que la bande annonce nous vend. La déception s’installe donc.

Note : 2.5/5 Botizok

 

Botizok / Foxcatcher (2015)

Foxcatcher (2015)

Film de Bennett Miller

 

Synopsis :

L’histoire vraie du champion de lutte Mark Schultz qui rencontre John du Pont auprès duquel il va s’entraîner.

 

L’avis de Botizok 

Au delà d’une réalisation très formelle, sans fioriture et la froideur des dialogues, ce film installe une certaine tension qui se tisse tout, gonfle, tout du long du film puis explose dans un final que Bennett Miller a eu le bon goût de ne pas exagérer. Son film n’est au final pas la peinture d’un crime, mais celle d’une relation nuisible et c’est ce pourquoi il ne s’embête pas de tous les éléments inutiles au récit. Ici, point de procès ou de rapports d’experts. Ce meurtre n’est pas l’acte insensé d’un fou, il est le relâchement d’une corde beaucoup trop tendue. Et, même le film terminé, la tension elle, est toujours présente.

Elle s’instaure dès le début du récit, dans les yeux d’un Channing Tatum qui sors de ces rôles habituels de gros beauf pas très malin. Ici tout est internalisé dans une petite boule de solitude et de tristesse, il représente la tension qu’est ce film. Véritable animal perpétuellement filmé sous l’angle de la lutte, du corps, du contact, tout en souplesse et puissance.

Steve Carell quand à lui représente une figure mystérieuse, inquiétante, aux petits yeux noirs fixes caché derrière une protubérance nasale digne de Cyrano de Bergerac. Royal et patriote, il représente l’aigle américain autoproclamé. Accompagné d’une musique toujours à sa place, une mise en scène clinique, surprenante de présence, il glace de par sa seule présence.

Pour finir, Foxcatcher est un film prenant, physique, et froid. Une réelle surprise dont la réussite repose essentiellement sur ses acteurs habités.

Note : 4/5 Botizok