Botizok / The Voices (2015)

The Voices (2015)

Film de Marjane Satrapi

Synopsis :

Un ouvrier perturbé suit les conseils de vie de son chat et de son chien, alors qu’il est impliqué dans le meurtre de l’une de ses collègues.

 

Critique de Botizok :

L’auteure tranchante de Persepolis passe ici derrière la caméra pour réaliser The Voices, j’avais l’impatience de découvrir cette intelligence dans un long métrage qui s’avère vraiment drôle, le tout baignant dans un cynisme constant.

Même si ce film repose sur des effets conventionnels, il amène un souffle de fraicheur sur ce type de comédies noires et ravive l’intérêt porté à celles-ci.

Dans un premier temps, la mise en scène des réalités comme des couches superposées découlant de la condition mentale du protagoniste est brillamment mis en place. L’utilisation de marqueurs visuels étant d’ordinaire de l’apanage des ellipses temporelles, avec cette manie de ressortir le noir et blanc ou le grain pour illustrer le passé. Marjane Satrapi elle s’attarde longuement sur la gestion des couleurs et des décors. La confusion permanente du personnage principal permet de s’amuser avec des univers graphique bien distinct ou la réalité côtoie un univers plus bariolé, propre et fantaisiste. On pourra presque y retrouver la patte de Wes Anderson dans certains plans.

Ensuite, l’autre point notable est la caractérisation de la comédie. Dans les films d’horreurs et d’épouvante, on utilise souvent des ressorts comiques pour créer la parodie. The Voices lui repose sur des mécanismes bien différents. Habituellement, le comique de situation émane de scènes violentes et horribles tournées en dérision. Ici non, les scènes de meurtre sont traitées dans le plus grand des respect des classiques du genre, sans nous en tirer le moindre sourire, au contraire. Le comique vient donc du caractère très cynique et ironique que peut revêtir la mort. Notre tueur est un personnage simple, dont la dualité intérieure est symbolisé par son chien (Le Bon) et son chat (La Brute), et se retrouve même à tuer par accident des individus qui lui son proche et qu’il affectionne. Et, malgré ses problèmes psychiatriques, tous ces événements tragiques qui l’entourent ne tirent origine que dans le hasard et la maladresse.

Ces deux aspects appuient l’identité à deux visages de ce film, à cheval entre la comédie et le thriller, à l’image du protagoniste. A défaut de label, voici un film original et complétement barré.

Note : 3.7/5 Botizok

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